LE SERPENT A DEUX TETES

Voici un cas peu banal.

Un serpent bicéphale.

Une éleveuse de serpents a obtenu il y a quatre ans une Pantherophis guttatus dotée d’une tête surnuméraire. La seconde tête est apparue viable dès le début, même si elle présentait quelques anomalies et en particulier une déformation de la machoire inférieure assez prononcée.

La tête montrait une certaine autonomie, avec des mouvements à peine perceptibles, notamment au niveau de l’abouchement de la trachée et de la langue.

Deux têtes à l’éclosion… laquelle commande ?

La tête principale, dans l’axe de la colonne vertébrale, dirige visiblement le corps, alors que la seconde, qui possède quelques vertèbres seulement, subit tous les mouvements.

Evidemment, seule la tête principale peut saisir et déglutir une proie…

Serpent(s) siamois, mais parfaitement viable(s).

Nous avions proposé de retirer cette tête dans les jours qui ont suivi la naissance, mais la propriétaire a préféré garder l’animal en l’état, en l’élevant sur du papier absorbant. En effet les muqueuses buccales de la tête secondaire étant au contact direct du sol, il était impossible d’envisager de le placer en terrarium avec substrat et décor.

Nous avons suivi la santé de ce serpent durant 4 années, et force est de constater qu’il s’est développé normalement, avec une bonne croissance, une bonne vivacité.

 

Quatre ans plus tard….

Après 4 ans,  la seconde tête s’éteint progressivement.

Probablement à force de frottements, les muqueuses de la seconde tête viennent à sécher ce qui a engendré une nécrose. La tête n’est quasiment plus active. Après discussion, la propriétaire décide de sauver l’animal d’une possible évolution gangréneuse et nous tentons l’ablation chirurgicale de la tête surnuméraire.

La couleuvre en face ventrale juste avant la chirurgie.

Nous effectuons une dernière radiographie pour aider à la chirurgie. Elle confirme que la tête secondaire n’est pas totalement fusionnée à la colonne vertébrale. Il faudra une bonne heure 30 de dissection fine pour dégager les deux jugulaires, les deux carotides, les deux trachées abouchées l’une à l’autre et effectuer l’hémostase sans asphyxier la tête principale. Le tube digestif secondaire apparait fusionné avec le premier, et nous devons le ligaturer pour assurer la survie du serpent.

Radiographie pré-opératoire

L’opération est un succès, et notre serpent poursuit son parcours… seul !

Enorme tumeur mammaire chez une rate.

Les tumeurs, pathologies fréquentes chez le rat.

L’un des motifs les plus fréquents pour la consultation des rats et souris est l’apparition d’une masse plus ou moins volumineuse. La localisation peut être très variable (corps, nuque, pattes, tête) et d’évolution plus ou moins rapide. 

Le diagnostic différentiel porte sur deux possibilités: l’abcès ou la tumeur. 

Les abcès sont d’apparition rapide, souvent la conséquence d’une blessure qui s’infecte ou d’une origine dentaire. A l’opposé, les tumeurs se développent progressivement et peuvent atteindre de grandes tailles. 

Evidemment, l’âge compte, et dès la seconde année les rats peuvent présenter ces masses qui méritent une consultation dans les meilleurs délais. Pour mémoire l’espérance de vie d’un rat tourne autour de 3 ans.

Un cas spectaculaire !

Voici une rate de 2 ans et demi présentée en consultation pour une masse sur le flanc…

Ce qui ne l’empêche pas de grimper sur sa cage…

A la palpation et à l’examen clinique, il s’agit d’une tumeur mamaire gigantesque.  Le tissu mammaire chez la rate est particulièrement étendu, de la région du cou jusqu’aux membres inférieurs, ce qui explique la fréquence et l’extension des tumeurs d’origine mamaire, souvent cancéreuses.

La tumeur semble de la taille de l’animal !

La masse a grossi progressivement au fil des mois pour atteindre une taille phénoménale, imaginons ce que cela pourrait donner chez un être humain….

Ce qui est incroyable, c’est que cette rate a pu vivre « normalement » jusque là, en gardant bon appétit et un minimum de mobilité. Malheureusement, la conclusion a été d’endormir définivement l’animal qui n’était plus opérable.

C’est pourquoi il est primordial dès la constatation d’une masse chez les rongeurs, de réagir au plus vite et de venir consulter le vétérinaire.

Les abcès peuvent être débridés dans la plupart des cas, quant aux tumeurs, il faut les prendre à temps pour que la chirrugie puisse prolonger la vie de l’animal.

Insulinome chez une furette

Une furette nous est présentée en consultation car depuis quelques temps son état général décline.
Âgée de 5 ans, elle parait de plus en plus faible, passe beaucoup de son temps à dormir dans sa cage et semble tituber par moment.
Elle a également perdu beaucoup de poids.Par ailleurs, il lui arrive de se jeter littéralement sur la nourriture, en devenant agressive.